CAC 40 : 7 000 points records, faut-il se réjouir ou s’inquiéter ?

16 Nov 2021

L’augmentation du CAC 40 en réjouit plus d’un. Cependant, les principaux médias et professionnels de l’investissement semblent unanimes sur le fait que cette hausse et ce niveau record, appellent à la prudence.

A quoi est principalement due cette hausse?

L’augmentation du CAC 40 de 40 % en un an a été essentiellement portée par la reprise post-pandémie, pour atteindre le seuil historique des 7 000 points. Cette inflexion de courbe s’est déclenchée au moment de l’arrivée des vaccins anti-Covid il y a un an et est aussi due aux politiques de soutien, monétaires et budgétaires. Cette hausse peut également s’expliquer par les résultats et la solidité financière des principales entreprises composant cet indice. Ce niveau important n’est pas limité qu’à l’indice de la Bourse de Paris, le DAX allemand a atteint lui aussi un record en dépassant les 16 000 points, de même pour l’indice paneuropéen STOXX 600 qui est à son plus haut niveau historique.

Outre-Atlantique, le Dow Jones a dépassé les 36.000 points, un niveau inédit. Le S & P 500 et le Nasdaq enchaînent également les records depuis le début de l’année. 

« Les craintes sur l’inflation ou les problèmes de pénurie se sont effacés face au dynamisme de la demande. Le VIX, l’indice de la volatilité à Wall Street, qui tend à s’envoler en période de tension sur les marchés, est retombé ces derniers jours à son niveau le plus bas depuis la panique boursière de mars 2020, au moment des premiers confinements en Europe. La récente hausse des taux longs reste inférieure à la remontée de l’inflation », souligne Gilles Guibout d’Axa IM. Ils se sont même détendus ces derniers jours, après avoir connu une rapide flambée à la fin du mois d’octobre. « Les marchés actions devraient rester bien orientés vu l’absence d’alternative compte tenu de niveaux de taux d’intérêt réels toujours très négatifs », ajoute-t-il. » 

Un peu de pédagogie, Qu’est-ce qu’une bulle financière ?

Pour rappel, une bulle financière se caractérise par une flambée des prix sur le marché avant de finir par éclater de manière brutale. Elle se forme lorsque le volume des transactions augmente, grâce aux investissements massifs par des investisseurs anticipant la croissance de certains actifs boursiers alors qu’il y a peu de vendeurs. Ainsi, le prix des actifs est très supérieur à leur valeur intrinsèque.

Les causes principales sont :

  • Le mimétisme : l’investisseur amateur copie les comportements financiers qu’il observe.
  • Le faible taux d’intérêt des banques centrales : plus le taux est faible plus l’on observe des emprunts de la part des entreprises et ménages afin d’investir ou spéculer sur des actifs ayant une forte perception de rentabilité, alimentant de facto la bulle.
  • L’émergence de nouveaux actifs financiers, comme le développement des crypto-monnaies et des Fintechs.
  • Une confiance exagérée dans l’avenir du marché.
  • La surréaction à la suite d’une variation ou une revalorisation de la valeur intrinsèque sur un titre financier.
4 phases d'une bulle

Les principales alertes et recommandations des investisseurs Européens

Selon Jean-Jacques Netter, Head of Stategy chez Montpensier Finance :

  • Les investisseurs devraient réduire leurs avoirs en actions et en bons du Trésor américains et privilégier les actifs non traditionnels anti-fragiles
  • La divergence monétaire mondiale s’accroît
  • Le risque politique augmente : la course électorale allemande est la plus ouverte de l’histoire selon les sondages
  • La zone euro subit une rotation dans le leadership économique des biens aux services.
  • La Banque Centrale Européenne a relevé ses prévisions d’inflation et de croissance dans la zone euro
  • Les US ont vu leur image écornée à la suite des évènements en Afghanistan
  • La hausse des coûts salariaux américains est appelée à devenir un vrai problème
  • Les actions chinoises risquent de sous-performer en 2021

Parallèlement, les stars de Wall Street alertent

  • « Nous sommes coincés dans la bulle de liquidités des banques centrales », a déclaré à ce propos le grand investisseur George Soros.
  • Michael Burry qui avait anticipé la crise des subprimes pointe du doigt la frénésie spéculative qui est en train de se dérouler.
  • Jeremy Grantham, cofondateur du fonds GMO déclare, « Lorsque vous avez atteint ce niveau de super-enthousiasme, la bulle a toujours, sans exception, éclaté au bout de quelques mois, et non de quelques années. Nous devrons vivre, potentiellement, éventuellement, avec la plus grande perte de valeur perçue des actifs que nous ayons jamais vue. »
  • Leon Cooperman patron d’Omega Advisors declare « Quand ce marché aura une raison de baisser, il baissera si vite que vous aurez la tête qui tourne. »
  • Stanley Druckenmiller patron du Duquesne Family Office déclare, « Je n’ai également aucun doute sur le fait que je n’ai pas la moindre idée de quand cela va se terminer. Je savais que nous étions dans une frénésie en 1999, mais cela a continué, et si vous court-circuitiez les actions technologiques au milieu de 99, vous étiez en faillite à la fin de l’année. Je serai surpris si nous ne sortons pas du marché boursier d’ici la fin de l’année, simplement parce que les bulles ne peuvent pas durer aussi longtemps. »
  • Kevin O’Leary patron de O’Leary Funds annonce que les actions finiront indubitablement par s’effondrer.
  • Robert Kiyosaki auteur du livre « Père riche, père pauvre » reproche à la Réserve Fédérale de sur-stimuler les marchés et de dévaluer le dollar. Ses déclarations, « Boom, Faillite, Folie, Crash, Dépression. Folie sur les marchés aujourd’hui. Préparez-vous au plus grand krach et à la plus grande dépression de l’histoire mondiale. Que va faire la Fed ? Imprimer plus d’argent ? Économiser plus d’or, d’argent, de bitcoin. »
  • Gary Shilling président du fonds A. Garry Shilling & Co : ”Les spéculations dépassent toute logique et ce sera probablement le cas pour celle-ci ».

En conclusion, même si en tant qu’investisseur particulier ou entreprise, on peut se réjouir de cette hausse soutenue et significative, la crainte d’une bulle financière se fait nettement sentir. A quand la chute ? L’histoire nous a toujours démontré qu’elle finissait par arriver de manière cyclique. Rappelons-nous que les marchés financiers sont toujours changeants et qu’il est prudent d’investir seulement ce que l’on peut se permettre de perdre. Se faire accompagner par des professionnels expérimentés nous semble être pertinent afin de diversifier ses actifs financiers et mieux piloter son risque.

A propos de l'auteur

Chargé marketing et communication de Qwincy. Formation : Toulouse Business School - Master 2 "Marketing, Management & Communication" Akademia Leona Kozminskiego (Kozminski University - Pologne) : Finance - Customer Management - Economy